Mise en oeuvre

labyrinthe

Dans mon atelier-fonderie, je réalise toutes les mises en œuvre, de la création du modèle en cire directe jusqu’à la fonte en bronze.

J’utilise la technique de la  »cire directe ». J’emploie des matériaux combustibles pour la richesse de leur écriture: toile de jute, raphia, bois de cagette… liés avec la cire de fonderie pour construire mes sculptures.

La sculpture en cire directe sera  »équipée »d’un réseau d’alimentation et d’évents en cire.

Ensuite, il faudra faire le moule de potée réfractaire autour de cette cire équipée. Procédé à la cuisson de ces réfractaires, 2, 3 jours à 800°C suivant le volume de ceux-ci.

La cire est alors perdue, et la calcination des matériaux combustibles, totale. Il ne reste plus que les  »négatifs » qui seront abreuvés au moment de la coulée.

Le jour de la coulée, il faut sortir les moules réfractaires du four de cuisson encore chauds pour les sertir dans du sable afin d’éviter à la pression métallo-statique de les ouvrir. D’un autre côté il faut s’occuper de la conduite du four de fusion: charger le creuset et faire le pied de bain. Dans celui-ci l’alliage de cuivre et d’étain doit atteindre la température de 1160°C avant de servir les empreintes.

Le moment de la coulée, c’est l’acmé du fondeur, rituel érotique, magnifié par l’unicité de l’instant. Le métal redevenu matière vivante… liquidus… identité de la réalité de fusion, loin de son état de produit manufacturé, provoque l’éblouissement.

Après refroidissement, quand le fondeur est épuisé par la rigueur des gestes, la manipulation des charges et la chaleur des coulées, d’un autre côté, soudain, l’artiste s’impatiente à casser les moules pour voir paraître ce que lui seul sait qu’il va trouver. Apercevoir enfin les premiers bruts de fonderie. L’effervescence liée au décochage des réfractaires mêle euphorie et soulagement. L’ébarbage, la ciselure, et la patine suivront pour redonner naissance aux modèles.